[TOGO] Retour en force sur la scène internationale



On peut dire que le Togo revient de loin. Isolé depuis plus d’une décennie, le pays subissait les conséquences des nombreuses crises et contentieux électoraux qui avaient accompagné la difficile transition consécutive au décès en 2005.
On peut dire que le Togo revient de loin. Isolé depuis plus d’une décennie, le pays subissait les conséquences des nombreuses crises et contentieux électoraux qui avaient accompagné la difficile transition consécutive au décès en 2005 – après 38 ans de règne – du président Eyadema.

Depuis trois ans, un long et minutieux travail diplomatique a permis de restaurer l’aura du pays et d’opérer un étonnant retour en force sur la scène mondiale. Robert Dussey, auteur de plusieurs livres sur la géopolitique du continent, notamment Pour la paix durable en Afrique (2002) et L’Afrique malade de ses hommes politiques (2008), spécialiste des relations internationales, a longtemps occupé le poste discret de conseiller du président. Il est apparu en pleine lumière lors de sa nomination comme ministre des Affaires étrangères en septembre 2013. Sa proximité avec le chef de l’État – ils sont anciens camarades de classe – lui offre une marge de manœuvre des plus étendues. Il a su donner un nouveau souffle à la diplomatie togolaise par une participation plus active de son pays à la vie des organisations sous-régionales et continentales en Afrique, ainsi qu’en renouant des liens solides avec d’autres acteurs majeurs en dehors du continent. Une stratégie couronnée de succès par le voyage que le chef de la diplomatie togolaise a effectué aux États-Unis les 29 et 30 juin 2017. Reçu par son homologue américain, le secrétaire d’État Rex Tillerson, Robert Dussey a été félicité pour les efforts du Togo à réintégrer le jeu diplomatique, efforts qui ont notamment abouti à son éligibilité au Millenium Challenge Corporation (MCC), un programme d’assistance au pays en développement dont l’objectif est de réduire la pauvreté par la croissance économique.

Vers l’Inde et la Chine Abordant les questions multilatérales, Rex Tillerson a salué le Togo pour la bonne préparation du Forum de l’AGOA prévu en août à Lomé, et s’est félicité du leadership du président Faure Gnassingbé pour son initiative dupremier Sommet Afrique-Israël sur « Les Hautes technologies et la sécurité » qui se tiendra du 23 au 27 octobre 2017 dans la capitale togolaise. « Ce sommet ouvre une nouvelle ère de partenariats diversifiés et variés pour le continent africain », a-t-il déclaré. Cet événement est soutenu par l’administration américaine qui entend créer un nouvel axe de coopération entre l’Afrique, Israël et les États-Unis. Un sujet hautement sensible, dans le continent africain où tout le monde n’envisage pas forcément d’un bon œil le renforcement des liens avec Israël, et un défi pour le succès duquel le Togo entend mettre à profit la présidence de la Cedeao qui vient de lui échoir pour convaincre les plus hésitants. La visite aux États-Unis du ministre togolais des Affaires étrangères s’inscrit dans cette stratégie, marquée également par la visite du président Gnassingbé effectuée l’année dernière en Israël où les deux pays ont décidé de renforcer leur amitié et leur coopération économique dans de nombreux domaines. L’Inde et la Chine constituent également deux axes forts de ce redéploiementdu Togo à l’international. Robert Dussey avait ainsi participé, en octobre 2015 au troisième forum Inde-Afrique organisé par le gouvernement indien consacré à la promotion d’une croissance économique inclusive afin d’éradiquer la pauvreté et d’allouer des ressources nécessaires au développement durable. Sur le plan bilatéral, l’Inde et le Togo coopèrent dans les domaines de l’agriculture, du développement à la base, de la santé, de l’eau, de l’énergie, de l’éducation et la formation et du commerce, à travers le financement de nombreux programmes.

En 2016, c’était au tour du président Gnassingbé d’effectuer une visite en Chine lors de laquelle deux importantes conventions de financement ont également été signées.

Enfin, Lomé se prépare à accueillir, du 24 au 26 novembre, la Conférence ministérielle de la Francophonie où 450 participants issus de 87 pays sont attendus, en prélude au sommet qui doit se tenir 2018 en Arménie. Le Togo n’a pas oublié, à cet égard, que la Francophonie demeure un précieux outil d’ouverture au monde.

Par Guillaume Weill-Raynal
 
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    [Magazine New African] Retour en force du Togo sur la scène internationale
    26 juillet 2017